IL M'A ETE PRESCRIT DE LA MORPHINE

De la morphine vous a été prescrite pour votre retour à domicile. 

 

Cet antidouleur puissant est couramment utilisé en chirurgie afin de traiter efficacement d’éventuels épisodes de douleur intense postopératoires. 

La réponse aux questions les plus fréquemment posées vous permettra de vous informer sur son emploi et sur les bénéfices de sa prescription. 

 

Qu’est-ce que la morphine ?

La morphine est extraite de l’opium, obtenu à partir des fleurs de pavot. Elle est l’un des médicaments les plus utilisés et les mieux connus pour le traitement de la douleur sévère. Selon la classification de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la morphine est l’antalgique (antidouleur) le plus puissant 

 

L’OMS définit trois paliers d’antalgiques :

  • Le pallier I regroupe les antalgiques non opioïdes comme le paracétamol (Doliprane®, Efferalgan®, Dafalgan®), l’aspirine et les anti-inflammatoires tels que l’ibuprofène (Advil®, Nurofen®, Nureflex®…) ou le ketoprofene ( Profenid®, Bi-Profenid®)

  • Le pallier II regroupe les opioïdes mineurs comme la codéine et le tramadol (Topalgic® par exemple).

  • Le pallier III regroupe les opioïdes majeurs, dont la morphine.

 

Pourquoi de la morphine ? 

Un traitement antidouleur postopératoire efficace associe des médicaments de palier I +/- de palier II. La morphine (palier III) est utilisée comme médicament de secours en cas d’épisodes de douleur intense malgré un traitement initial bien conduit. Il est impératif de suivre avec attention la prescription remise par le médecin anesthésiste à la consultation d’anesthésie ou à la sortie de l’établissement.

            

Après certaines chirurgies orthopédiques, des épisodes douloureux intenses peuvent survenir, soit lors de vos mouvements (douleur à la mobilisation), soit au repos. 

 

Ces épisodes peuvent être liés 

  • au type de chirurgie (prothèses des articulations, chirurgie des ligaments, chirurgie du dos)

  • A l’arrêt de l’effet de l’anesthésie locorégionale (« bloc analgésique de longue durée »)

 

La prise de morphine vous permettra de gérer au mieux ces épisodes qui surviennent le plus souvent au cours des 72 premières heures post-opératoire.  Il est important de ne pas trop attendre avant de prendre un comprimé de morphine. 

 

Un traitement optimum associe une bonne observance du traitement systématique (suivi stricte de la prescription), l’évaluation régulière de l’intensité de la douleur, l’association à des traitements antalgiques plus puissants en cas de nécessité (Cf règle générale de prise des traitements antalgiques)   

Pourquoi m’a-t-on prescrit 4 comprimés de morphine ? 

Dans la plupart des cas, 1 à 4 comprimés sont suffisants pour calmer un épisode de douleur aigu. La morphine est utilisée comme traitement de secours si les autres médicaments prescrits ne sont pas suffisamment efficaces. Elle n’est pas prescrite comme traitement permanent (traitement de fond). C’est la raison pour laquelle nous avons limité sa prescription à 4 comprimés. Cette prescription de 4 comprimés est également un moyen de nous alerter sur la mauvaise qualité de votre analgésie postopératoire. En cas de consommation des 4 comprimés, il est impératif de contacter votre anesthésiste afin d’envisager une prise en charge différente après avoir réévaluer la bonne observance de votre traitement. 

 

Comment la morphine est-elle utilisée ? 

La morphine doit être prise en cas d’échec des autres médicaments prescrits. Elle est utilisée en complément et non pas à la place des autres antalgiques. La dose que nous vous avons prescrite est adaptée à l’intensité de la douleur postopératoire prévisible et de la situation de chaque personne. 

 

Quels sont les effets secondaires ?

Comme tous traitements actifs, la morphine présente des effets secondaires ou indésirables. 

La constipation, les nausées et/ou des vomissements, une somnolence, des démangeaisons peuvent survenir. 

Si l’un de ces différents symptômes apparaît, contactez le service d’anesthésie afin d’évaluer votre situation et d’envisager des médicaments pour traiter ces symptômes. Il est possible que la morphine n’en soit pas toujours la cause ! 

 

Y’a t-il une dose maximale à ne pas dépasser ? 

Il est impératif de respecter un intervalle de 4 heures avant la prise d’un comprimé supplémentaire. En cas de douleur persistante malgré un traitement bien conduit et la prise d’un comprimé de morphine, contactez le service d’anesthésie afin d’envisager un autre protocole antidouleur.   

 

Que dois-je faire s’il me reste des comprimés ?

Peut-on garder un traitement de morphine pour plus tard ?

Prescrits comme traitement de secours, tous les comprimés de morphine sont rarement utilisés. Il est important de retourner les comprimés de morphine non utilisés à la pharmacie ou de les donner à votre infirmière afin qu’elle les transmette à la pharmacie. 

Vous ne devez en aucun cas les utiliser pour des douleurs survenant dans un autre contexte que celui de votre chirurgie. 

 

Est-ce que je risque de devenir toxicomane ? 

Lorsque la morphine est donnée pour soulager la douleur, vous n’avez aucune raison de craindre une toxicomanie (besoin incontrôlé de prendre la substance). Par ailleurs, la prescription d’une quantité très réduite de comprimés (5 comprimés) empêche de devenir dépendant.  

Comme la morphine est classée dans la catégorie des stupéfiants, elle est prescrite sur une ordonnance spéciale. Vous pouvez l’obtenir en pharmacie mais à la différence des autres médicaments , vous devrez vous procurer les comprimés dans les 3 jours suivant la remise de l’ordonnance. 

 

Puis-je prendre d’autres médicaments ? 

Oui. La prise de vos traitements habituels est souvent possible. Il est important de préciser à l’anesthésiste si vous prenez de tranquillisants (anxiolytiques)  ou de somnifères. Ces médicaments ont certains effets indésirables communs avec la morphine, tels que la somnolence et la diminution de concentration. 

La morphine est un traitement de secours efficace de la douleur postopératoire.

Sa bonne utilisation est un élément clé du succès du protocole antalgique qui vous a été proposé. 

N’hésitez pas à en parler avec l’équipe d’anesthésie.